Vous avez certainement vu passer un « bonus production », qui vous sera gracieusement octroyé par notre Direction…
Le montant moyen annoncé de 563 € est présenté comme la récompense d’un engagement collectif exceptionnel. Mais ramené à ce que revendique la CGT — à savoir une revalorisation de 9 % de la grille des IEG, aujourd’hui refusée par la direction — ce montant révèle surtout un manque de reconnaissance accordée au travail.
Concrètement, 563 €, cela représente :
- Pour un NR 50 échelon 7 : 3 mois d’augmentation de grille à +9 %
- Pour un NR 100 échelon 7 : 2,5 mois
- Pour un NR 150 échelon 7 : 2 mois
- Pour un NR 200 échelon 7 : 1,6 mois
Autrement dit, on demande aux salariés de se satisfaire d’une prime exceptionnelle qui équivaut, selon leur niveau, à quelques semaines ou quelques mois de ce qu’aurait représenté une augmentation salariale pérenne, intégrée au salaire, comptant pour la retraite, les droits sociaux et l’avenir.
Et encore :
- Cette prime est non garantie
- Elle est non reconductible
- Elle est partiellement individualisée
- Elle ne compense ni l’inflation, ni la perte de pouvoir d’achat accumulée, ni l’intensification du travail
Et elle ne sera pas valorisée dans le calcul de la retraite !!!
La CGT tient également à rappeler plusieurs éléments essentiels, sans lesquels ce discours devient pour le moins déconnecté de la réalité vécue par les salariés :
- D’abord, ces résultats ne tombent pas du ciel. Ils sont le fruit direct de l’engagement quotidien des agents, de leur professionnalisme, de leur capacité à absorber des sous-effectifs chroniques, une intensification du travail et des organisations souvent dégradées. Parler de « progrès » sans jamais évoquer le coût humain, la fatigue, la pression et les concessions consenties par les équipes relève d’une vision purement comptable du travail.
- Ensuite, présenter un bonus moyen de 563 €, partiellement indexé à la rémunération individuelle, comme une reconnaissance suffisante pose question. Quand les exigences augmentent, que les objectifs sont toujours plus élevés et que les contraintes s’accumulent, la reconnaissance ne peut pas être ponctuelle, aléatoire et conditionnée. Le travail réel mérite une revalorisation salariale pérenne, collective et intégrée au salaire, pas une prime qui divise et ne compte ni pour la retraite, ni pour les droits sociaux.
- La CGT conteste également le principe même d’une rémunération individualisée présentée comme moteur de performance. Ce sont le collectif de travail, la coopération et la solidarité entre métiers qui permettent de tenir les tranches et d’assurer la sûreté. Individualiser la reconnaissance, c’est nier cette réalité et fragiliser ce qui fait justement la force du site.
- Enfin, invoquer « l’engagement individuel et collectif » pour garantir une performance durable sans engagements clairs de l’employeur sur l’emploi, les conditions de travail, la formation et la reconnaissance salariale est un renversement des responsabilités. La performance durable ne se décrète pas : elle se construit par des moyens durables.
La CGT continuera donc à porter une autre vision : celle d’un site performant parce qu’il respecte ses salariés, reconnaît leur travail à sa juste valeur et investit réellement dans l’humain, et pas uniquement dans des indicateurs…