Le Statut des IEG a 80 ans : ce n’est pas un privilège, c’est notre conquête sociale

Rédigé le 19/06/2026


80 ans après sa création, le Statut des IEG protège encore les agents. Et c’est précisément pour cela qu’il est toujours attaqué.

En 2026, le Statut national des Industries Électriques et Gazières fête ses 80 ans.

80 ans d’histoire sociale.
80 ans de droits collectifs.
80 ans de reconnaissance des métiers.
80 ans de solidarité entre agents actifs et retraités.
80 ans de service public de l’énergie.

Créé en 1946, dans le prolongement de la nationalisation de l’électricité et du gaz, le Statut national des IEG n’est pas un simple texte administratif. Il est le résultat d’un choix politique et social fort : reconnaître le rôle essentiel des agents de l’énergie et leur garantir des droits à la hauteur de leurs missions.

Le Statut : une conquête sociale, pas un privilège

Depuis des années, certains voudraient faire passer le Statut des IEG pour un privilège. C’est faux.

Un privilège est accordé à quelques-uns contre l’intérêt général.
Le Statut, lui, est une conquête collective, construite pour protéger les salariés, reconnaître les qualifications, organiser les carrières et garantir une solidarité entre les agents.

Il n’a pas été donné. Il a été obtenu par les luttes, par le rapport de force, par l’engagement de générations d’agents et de militants syndicaux.

Rappeler cela est essentiel. Car présenter le Statut comme un privilège, c’est souvent préparer sa remise en cause.

Ce que le Statut apporte concrètement aux agents

Le Statut national des IEG, ce n’est pas une idée abstraite. C’est du concret dans la vie professionnelle et personnelle des agents.

Il structure notamment :

  • la reconnaissance des métiers et des qualifications ;

  • les garanties collectives ;

  • le déroulement de carrière ;

  • la rémunération ;

  • la protection sociale ;

  • les droits des agents actifs et retraités ;

  • les activités sociales ;

  • la solidarité entre générations.

Derrière chaque droit, il y a une réalité vécue par les agents : pouvoir se projeter dans sa carrière, bénéficier d’un cadre collectif, ne pas être seul face à l’employeur, disposer de garanties communes et faire vivre une solidarité propre aux IEG.

C’est précisément ce caractère collectif qui fait la force du Statut. Il protège mieux que des arrangements individuels, des primes ponctuelles ou des promesses variables selon les directions.

Un pilier du service public de l’énergie

Défendre le Statut, ce n’est pas seulement défendre les agents. C’est aussi défendre une certaine conception du service public.

Le service public de l’énergie repose sur des salariés formés, qualifiés, disponibles, reconnus et attachés à leurs missions. Production, transport, distribution, exploitation, maintenance, relation usagers, fonctions support : partout, les agents assurent des missions indispensables à la population et au pays.

Affaiblir le Statut, c’est fragiliser les garanties des agents. Mais c’est aussi affaiblir les collectifs de travail, la transmission des compétences, la sécurité industrielle et la qualité du service rendu.

Il ne peut pas y avoir de grand service public de l’énergie sans droits collectifs solides pour celles et ceux qui le font vivre au quotidien.

Des attaques toujours actuelles

80 ans après sa création, le Statut reste utile parce qu’il reste attaqué.

Les remises en cause ne sont pas toujours brutales ou visibles. Elles passent souvent par petites touches : individualisation des rémunérations, multiplication des primes ponctuelles, affaiblissement de la grille, austérité salariale, sous-traitance, réorganisations permanentes, mise en concurrence des salariés, casse des collectifs de travail...

À chaque fois, la logique est la même : remplacer des garanties collectives par des dispositifs individualisés, variables et dépendants des choix de l’employeur.

Pour la CGT, cette orientation est dangereuse. Elle affaiblit les salariés, divise les collectifs et éloigne les entreprises des IEG de leur mission première : répondre aux besoins de la population avec un service public fort, sûr et accessible.

Les jeunes agents sont directement concernés

Le Statut ne concerne pas seulement les anciens. Il concerne pleinement les jeunes embauchés, les alternants, les nouveaux arrivants, les agents en début de carrière.

Car les droits que l’on ne défend pas aujourd’hui sont ceux qui manqueront demain.

Salaire, carrière, reconnaissance des diplômes et des qualifications, protection sociale, conditions de travail, activités sociales : les jeunes agents ont tout intérêt à connaître le Statut, à comprendre son histoire et à s’en emparer.

Les générations précédentes ont reçu des droits parce que d’autres les avaient conquis avant elles. Notre responsabilité collective est désormais de les défendre, de les transmettre et de les améliorer.

80 ans après : faire vivre le Statut

Célébrer les 80 ans du Statut national des IEG, ce n’est pas regarder le passé avec nostalgie.

C’est rappeler que nos droits ont une histoire.
C’est affirmer que les garanties collectives restent indispensables.
C’est refuser l’isolement et la mise en concurrence des salariés.
C’est porter une exigence de reconnaissance, de justice sociale et de service public.

Pour la CGT, le Statut national des IEG doit rester un socle vivant. Il doit être défendu face aux attaques, mais aussi amélioré pour répondre aux enjeux actuels : salaires, déroulement de carrière, reconnaissance du travail, conditions de travail, santé, emploi, formation et avenir du service public de l’énergie.

Notre responsabilité collective

Le Statut des IEG n’est pas un héritage figé. C’est une conquête vivante.

Ce que nos anciens ont gagné par la lutte, nous avons la responsabilité de le défendre.
Ce que nous défendons aujourd’hui, nous devons pouvoir le transmettre demain.

80 ans après, le message reste clair : le Statut n’est pas un privilège. C’est une garantie collective, une protection sociale, une reconnaissance des métiers et un outil essentiel au service public de l’énergie.

Avec la CGT, faisons vivre le Statut.
Défendons nos droits.
Construisons les conquêtes sociales des 80 prochaines années.